J’ai joué à Infinity

  J’ai enfin pu tester le jeu Infinity avec Alpharius. Lelaeth, une amie pratiquant de nombreux jeux d’escarmouche, nous a accueilli chez elle pour nous initier à Infinity. Je la remercie chaleureusement pour sa patience et sa passion ! Avec elle dans le rôle de Maître de Jeu, nous avons pu aborder notre première partie sereinement, et les inquiétudes quant à la difficulté des règles se sont envolées.
Depuis les sommets, le Kriza Borac utilise son HMG pour fournir une couverture à toute son équipe

Complexité, Simplicité

Difficile, c’est le terme qui revient souvent quand on commence Infinity. Le système de jeu est complexe, les règles sont (très) nombreuses, et la lecture du livre peu paraître ésotérique ! Force est de constater que la lourdeur des règles provient souvent de tournures de phrases compliquées et rebutantes. Il ne s’agit, le plus souvent, que d’une rédaction trop dense et détaillée pour exprimer un élément parfois très simple. Ce serait comme écrire une définition la plus complète possible, englobant tous les cas particuliers, pour chaque action possible dans le jeu. On sent la volonté d’offrir un jeu sans bug, sans « flou juridique » dans ses règles, sans possibilité d’abus de la part de joueurs tournicoteurs virgulistes ou d’adeptes des oublis tacites. Les règles sont indigestes, mais pourtant, le jeu est fluide et les actions s’enchaînent naturellement sur la table ! En outre, une certaine simplicité est tout de même présente dans le système. Les profils, qui sont nombreux, variés et riches en informations, disposent de compétences faciles à utiliser : pas de comparatifs, de tableaux ou de pourcentage, il suffit de faire moins que la valeur de la caractéristique sur 1D20 pour réussir l’action ! De même, la liste des armes, qui peut sembler indigeste, est en réalité assez accessibles, car elle est réduite et représente des archétypes d’armes qui seront présents dans toutes les factions. Ainsi, une HMG aura le même profil, que ce soit chez les Nomads, les Ariadnas ou les PanOceanians. Il a y a donc assez peu de profils d’armes à connaître (beaucoup moins que dans 40K par exemple ! ) et en plus, l’ennemi utilise les même armes que vous ! Ce qui est bien plus facile pour identifier les menaces.
Le Starter Tunguska Juridictional Command prêt au combat

Un jeu de gentlemen

Une chose qui m’a assez rapidement frappé dans les règles, c’est la propreté du gameplay. J’entends par là que tout est mis en œuvre pour que les joueurs passent un bon moment et qu’aucune règle ne puisse être mise en doute ou appliquée à l’encontre de l’esprit du jeu. Ce qui est assez cocasse aussi, c’est la « liste de Courtoisie » pour donner à son adversaire toutes les infos auxquelles il peut avoir accès au cours de la partie. Les infos secrètes n’y figurent pas (ces dernières sont sur votre propre liste d’armée) tout comme les profils des figurines qui ne sont pas déployées au début de la partie … Ça donne un petit côté jeu de rôle qui me plaît beaucoup ! On est persuadé d’affronter un groupe de Securitates retranchés, lorsque des troupes d’infiltration apparaissent au cœur de nos lignes ! Une belle immersion en somme !
Je crois voir quelque chose par là bas, mais c’est assez flou …

Géométrie et réactivité

J’ai beaucoup aimé aussi le système de réactions. Les réactions sont automatiques et gratuites dès lors qu’une figurine ennemie entreprend une action en vue d’une de vos figurines. Cela donne un jeu où l’on va tenter de se créer des zones de réactions, poser des interdictions, plus que de prendre l’ascendant offensif. Chaque action compte, et même les troupiers les moins forts peuvent avoir un grand rôle à jouer dans la quadrillage tactique du secteur. Le fait que la réaction ne soit possible que si la figurine est en ligne de vue au début de son action oblige à bien réfléchir son placement pour les tours suivants. Il est tout aussi intéressant de ne pas tirer pendant son tour pour bien se positionner que de sniper directement. Les couloirs de menaces ainsi créés forcent à faire des choix parfois risqués : entrer dans le couloirs de tir et déclencher une fusillade ou progresser à couvert, beaucoup plus lentement … Chaque situation va provoquer des choix et aucun de ces choix n’est foncièrement mauvais ! Et ça j’adore !
Le Heckler esseulé doit faire face à l’élite de Yu-Jing

Possibilités tactiques et scénarios

Dans Infinity, on va dépenser des points de commandement pour activer les figurines. On peut donc décider de délaisser une figurine pour effectuer plusieurs actions importantes avec une autre. Par exemple, un troupier bien placé peut resté inactif afin de conserver sa menace sur la zone de tir. Un de ses camarades pourra alors profiter de « son action » pour trouver une meilleure position ou effectuer un tir de suppression … Cela rend le jeu très mobile, permettant beaucoup d’actions cinématographiques et de situations tactiques intéressantes. Couplés aux scénarios et objectifs secondaires secrets, le jeu propose des parties riches en rebondissements. Tuer l’adversaire n’est pas le but, et parfois, menacer une zone suffit à avancer vers la victoire …
Les troupes peu chères, disponibles en quantité, sont surnommées « pompom » : elles apportent leurs points de commandement, mais ne seront que rarement activées. Le but est de les placer correctement pour exercer une menace en réaction sans avoir à les jouer par la suite

Craintes et avenir

N’ayant que peu d’expérience sur le sujet, je crains que certains profils soient au-dessus du reste (un combo sniper parachutiste camo ou TAG anti-hack virtuellement immortel) et forcent les choix, rendant les compo très similaires les unes aux autres. C’est une crainte légitime qu’on peut retrouver dans beaucoup de jeu. L’autre crainte est liée à la quantité de décors et de matériel nécessaires pour jouer ! Autant pour les décors, personnellement, je ne m’inquiète pas : j’en ai beaucoup et j’adore en faire … Cependant, pour les néophytes, cela peut être assez rebutant. En partant de zéro, l’investissement en décors est plus important que celui en figurines … En outre, de nombreux gadget quasi-indispensables parsèment les tables de jeu : en dehors du deck d’objectifs secondaires (qui est renouvelé à chaque saison d’après ce que j’ai compris), il faut aussi prévoir au moins une figurine de civil qui sera présent sur le terrain, sans oublier les nombreux marqueurs objectifs ! Tout comme les marqueurs et autre jetons nécessaires pour jouer : jetons de commandement, silhouettes, laser de tracé, gabarits …
Après avoir essuyé un déluge de feu, le Heckler se jette à couvert et prend position afin d’avoir un couloir de tir dégagé sur toute menace potentielle
En tout cas, Infinity est très agréable à jouer, malgré la quantité de règles, il est facilement assimilables, bien qu’il demande un période d’apprentissage assez importante, notamment pour ce qui est des compétences … Petit bémol : nous avons joué avec un starter, mais le format n’est pas très intéressant, aussi faut-il rapidement augmenter ses effectifs pour profiter de la richesse profonde du jeu.
La star du match : il a arrosé les environs et permit au reste de la bande d’avancer sereinement vers l’objectif
Pour la suite ? Je compte bien intégrer quelques Nomads de plus, réfléchir aux spécialistes (rôles assez central dans les scénarios) et me monter une belle bande. Les figurines sont hyper belles, agréables à peindre, quoiqu’un peu complexe parfois. L’univers du jeu est très intéressant et le cadre géopolitique est des plus plaisant à explorer ! Il existe d’ailleurs un jeu de rôle 😉
Champion de la survie, le Heckler a tenu tête à deux puissants Yu-Jing, se permettant même de leur tendre une embuscade et de les abattre l’un après l’autre …
Dans un avenir proche, une version moins en ruines de Cicero City devrait accueillir les affrontements des commandos d’Infinity ! Les + + Figurines magnifiques + Univers riche et profond + Système de jeu très réactif + Nombreuses options de jeu très immersives + Grosse interaction avec les décors + Scénarios et objectifs Les – -Lecture des règles complexe et indigeste -Les starter ne sont pas alignés sur le format de jeu

2 commentaires sur “J’ai joué à Infinity

  1. Intéressantes premières impressions ^^

    Je dirai qu’Infinity est ce que les joueurs veulent en faire : les tournoyeurs fous auront certes tendances à répliquer les mêmes profils pour aboutir à des listes similaires… Mais les ceuss qui veulent tenter des petits délires sont fondamentalement invités à le faire pour se marrer.

    Autre aspect important : le système des réussites critiques qui fait que même avec le bizut du régiment, tu peux potentiellement faire un headshot sur un gros patron d’en face… Et ça, ça n’a pas de prix ^^

    On a coutume de dire à Infinity que tant qu’il reste des figs sur la table, la partie n’est jamais jouée d’avance… Alors que la réciproque n’est pas vraie dans d’autres jeux ^^

    Serviteur,

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