[Calendrier de l’Avent 2018] 5

cof

En ce cinquième jour du Calendrier, je vous parlerais de défaite. Mais pourquoi donc ?

J’avoue qu’en me posant la question du sujet d’aujourd’hui, je ne trouvais rien qui me venait de suite. Puis Facebook m’a gentiment rappelé que c’est aujourd’hui le 5 décembre l’anniversaire du décès de Nelson Mandela.
Je ne suis pas très au point en politique et en histoire, mais le combat qu’a mené ce grand homme tout au long de sa vie est incroyable. Sans entrer dans les détails, je dirais que j’admire beaucoup ses discours emplis de fraternité et de poésie.
Et il y a une citation que j’aime par dessus tout :

« Je ne perds jamais : Soit je gagne, soit j’apprends »

Je pense que cette phrase est tout à propos dans le petit monde bienheureux du jeu de société.

Commencer un jeu, c’est déjà envisager la défaite. Sans même parler de compétition, l’instant de la partie, coupée de la réalité quotidienne, est un lieu régis uniquement par les règles du jeu, avec leurs abstractions, leurs spécificités.
Mais le but d’une partie est de désigner un vainqueur, le meilleur stratège, le plus habile, le plus malin … Et forcément, certains seront alors perdant …

Lorsque je joue, je n’essaie pas de finir premier : j’essaie de donner le meilleur de moi-même et de passer, avant tout, un bon moment. Je ne pense pas être un mauvais perdant (à mes adversaires de me dire si c’est le cas ^^) et je suis ce credo « Soit je gagne, soit j’apprends »

Il y a 3 types de défaites que je ne supporte pas :

  •  L’Erreur Irréversible : c’est un instant, une mauvaise décision, que l’on va subir toute la partie. Le mieux que l’on peut alors faire est de minimiser les dégâts, même si l’on sait que la partie est déjà jouée … Le plus frustrant est que l’Erreur Irréversible vient de soi-même. Mauvais calcul, oubli, pari risqué, cette erreur peut en plus être influencée par pas mal d’éléments extérieurs, comme le stress, l’intervention d’un quidam, un temps limité, un mauvaise lecture du jeu … Lorsque cette erreur arrive très tôt dans la partie, on sait qu’on va la subir tout du long, cela vaudrait presque la peine d’abandonner pour ne pas perdre de temps. Mais je n’aime pas abandonner, je trouve que c’est un manque de respect pour ses adversaires. Alors je m’accroche, et j’essaie d’analyser ce qui m’a conduit à cette situation afin de ne pas réitérer les mêmes erreurs ! C’est aussi un moment où, puisque la partie est déjà perdue, on peut se permettre d’expérimenter : tenter une nouvelle stratégie, explorer des options délaissées, parier sur le hors-stat …
    Quoiqu’il en soit, bien que ce genre de partie soit frustrante, on peut tout de même en retirer quelques enseignements, ce qui en fait une défaite pas trop pire au final !
  • J’ai aucune influence sur la partie : ou la partie à sens unique. Cette désagréable sensation que, peu importe ce que l’on fait, la partie se passe sans nous. L’adversaire déroule son jeu et vous ne pouvez rien faire pour l’en empêcher. Que ce soit une expérience largement plus importante que la vôtre, une stratégie irréprochable, un sens du calcul indéfectible ou une armée cheatée, rien ne permet de remonter la barre. Parfois, vous pouvez comprendre d’où vient le problème et tenter de l’analyser. Mais si vous avez l’impression que vous ne jouez pas avec les mêmes outils que votre adversaire, le mieux de lui serrer la main à la fin de la partie et de passer à autre chose. Pas besoin de refaire le match, peu importent vos décisions, le résultat aurait été le même.
    Repensez à ce genre de partie où votre adversaire a eu une « chance de cocu », ou à votre « malmoule », « j’ai mis toutes les chances de mon côté, mais si je sors pas un 2+, c’est même pas la peine d’essayer ! « , « mes 35 attaques sur 3+ relançables auraient du tuer tes 2 derniers gardes … »
    Malheureusement, il n’y a rien a tirer de ce genre de partie …
  • Oui, oui, t’as gagné : Peut être le pire type de défaite à mes yeux. C’est quand vous tombez sur un joueur qui joue sa vie sur la partie. Pinaillages, râleries et mauvaise foi mettent en doute chacun de vos choix et chaque petites victoires au fil de la partie. Ce genre de comportement a tendance à dénigrer votre jeu. Si le jeu est en temps limité, c’est encore pire, car ce type de joueur consommera de votre temps pour pinailler et discuter chaque action, puis exigera que vous ne l’interrompiez pas durant son temps de jeu à lui …  Mais ce n’est pas tout, ce comportement va influer sur votre moral et votre envie de jouer jusqu’à ce que vous abandonniez. Lâcher moralement la partie, c’est déjà la perdre, et il ne reste plus qu’à attendre avec impatience la fin de ce moment désagréable. Je fuis ce genre de personnage.

 

Existe-t-il de bonnes défaites ?

A mon sens, oui ! Tout comme il existe de bonnes victoires !
Pour la plupart des joueurs, gagner contre une « Erreur Irréversible  » ou « J’ai aucune influence sur la partie » n’est pas du tout plaisant, car leur propre victoire est minimisée, voir le jeu n’a pas eu l’occasion de s’exprimer dans certains cas extrêmes.

Quelles sont donc les bonnes défaites ?

  • Une partie serrée : le match n’a jamais penché d’un côté ou de l’autre de façon trop évidente, ou lorsque la victoire était quasiment acquise pour un camp et qu’un rebondissement inattendu a renversé la situation établie. Voilà le genre de partie plaisante où, au final, le score ne compte que très peu, car chaque joueur a pu s’exprimer et a donné le meilleur de lui-même ! La partie est d’autant plus appréciable si des actions spectaculaires ont eu lieu de part et d’autre du jeu.
  • La victoire morale : Une défaite au comptage de points certes, mais moralement, j’ai quand même la victoire. Souvent liée à des jeux très narratifs, lorsqu’une défaite sur le papier est en réalité une victoire dans les faits. Duel de héros au sommet, prise de l’objectif critique, survie de la cible … Il y a plein d’évènements dont peuvent dépendre l’issu de cette bataille qui ne peuvent être comptés en terme de points de victoire
  • L’apprentissage : une des meilleurs défaites à mes yeux ! A l’issu de la partie, une analyse des évènements permet de constater ce qui a manqué, ce qui n’était pas une bonne idée. Une bonne discussion avec l’adversaire pour identifier les coup d’éclats, les actions inutiles, les erreurs d’appréciation est un réel plus ! Elle permet de s’améliorer pour la prochaine partie, et la qualité de jeu d’un adversaire fait partie du plaisir de la partie ! Cela reste proche de l’Erreur Irréversible, mais avec la possibilité d’analyse : si on peut en tirer un enseignement, c’est que la partie n’a pas servie à rien. Les expérimentations entrent aussi dans cette catégorie : tenter une nouvelle stratégie et constater qu’elle ne fonctionne pas est très important !
  • La défaite narrative : dans une campagne par exemple, c’est la défaite qui va pousser à changer d’angle d’attaque, une défaite qui va forcer les rebondissements. La défaite du « plus rien à perdre » qui provoque des situations surprenantes et inventives ! C’est très riche en terme de narration, la défaite permet au héros de se remettre en question, de reconsidérer ses forces et faiblesses, et de passer outre !

 

En résumé, si je peux apprendre de ma défaite, voir ce qui n’a pas fonctionné, envisager des changements dans ma stratégie ou mon approche, alors je n’ai aucun problème à perdre ! Par contre, si je perd sans rien pouvoir faire et sans comprendre pourquoi (ou par pure malmoule ! ), j’ai l’impression d’avoir juste perdu mon temps …
Tout ceci est à mesurer aussi à l’aulne de mes adversaire : une personne agréable avec un bon esprit de jeu rendra toujours une partie plus passionnante, peu en importe l’issue !

J’aime aussi particulièrement les parties narratives, du coup, les victoires/défaites prennent une toute autre importance, et romancer ses aventures permet de donner un nouvel angle de vue à une « défaite »

Je terminerais sur une autre citation de Nelson Mandela :

Même quand j’étais enfant, j’ai appris à vaincre mes adversaires sans les humilier.

 

On se retrouve demain pour la suite du calendrier !

cof

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2 commentaires sur “[Calendrier de l’Avent 2018] 5

  1. C’est pour çà que j’aime le narratif entre potes car soit je gagne soit un ami gagne donc on perds jamais vraiment.

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